Le mercato estival a débuté le 15 juin. Il s’achèvera le mardi 1er septembre à 19h59. Et à un peu plus de trois semaines de la fermeture du marché, le constat est pour le moins étonnant du côté de Marseille : l’Olympique de Marseille n’a toujours enregistré aucune recrue. Au 7 août, Le Phocéen soulignait même que l’OM faisait partie des rares clubs européens à n’avoir encore officialisé aucun renfort depuis l’ouverture du marché. Une situation qui tranche avec les étés précédents, souvent marqués par une succession rapide de mouvements.
Cette fois, la stratégie marseillaise est différente. Avant d’acheter, il faut vendre.
Greenwood, Aubameyang, Traorè : le grand ménage a commencé
Plusieurs départs importants ont déjà été actés. Le plus spectaculaire est celui de Mason Greenwood, transféré à Fenerbahçe. L’Anglais était pourtant l’un des joueurs disposant de la plus forte valeur marchande de l’effectif.
Pierre-Emerick Aubameyang a lui aussi quitté Marseille, tandis que Hamed Junior Traorè a rejoint le Genoa sous la forme d’un prêt.
Trois départs significatifs, mais qui n’ont jusqu’ici pas suffi à débloquer complètement le marché marseillais. La raison est autant économique que sportive.
Pourquoi l’OM doit vendre avant de recruter
Le club marseillais traverse un été sous fortes contraintes financières.
Après une saison sportive décevante et dans un environnement où les revenus du football français restent fragiles, Marseille cherche d’abord à réduire son coût de fonctionnement et, surtout, sa masse salariale. Le problème n’est donc pas simplement de faire rentrer de l’argent grâce aux transferts.
Le véritable enjeu est de faire disparaître des salaires importants des comptes du club afin de retrouver suffisamment de marge pour enregistrer de nouveaux joueurs.
Selon les informations relayées autour de la situation financière olympienne, l’OM reste proche de certains seuils surveillés par les instances. Dans ce contexte, pratiquement chaque arrivée devra être compensée par une économie réalisée ailleurs.
Le mercato marseillais ressemble donc à un immense jeu de dominos : tant qu’un joueur ne sort pas, le suivant ne peut pas forcément entrer.
Rulli, Medina, Aguerd : la deuxième vague de départs pourrait tout débloquer
C’est ici que les prochains jours deviennent déterminants. Après Greenwood, Aubameyang et Traorè, plusieurs joueurs importants sont désormais susceptibles de quitter le club.
Gerónimo Rulli fait partie des dossiers les plus avancés, avec un départ évoqué du côté de Manchester City.
Facundo Medina est également annoncé sur le départ, alors que Nayef Aguerd se rapproche lui aussi d’une sortie. Un accord de principe avec la Real Sociedad a notamment été évoqué concernant le défenseur marocain.
Ces opérations permettraient au club de poursuivre deux objectifs simultanément : récupérer des indemnités de transfert et réduire encore davantage sa masse salariale.
Et ce sont probablement ces mouvements qui détermineront réellement l’ampleur du recrutement olympien durant les trois dernières semaines du mercato.
Un effectif qui pourrait encore être profondément bouleversé
La situation est d’autant plus particulière que plusieurs cadres restent également susceptibles de partir en cas d’offre satisfaisante.
L’avenir de Pierre-Emile Højbjerg est notamment régulièrement évoqué, tandis que le club cherche toujours des solutions pour plusieurs joueurs disposant de salaires importants.
Il ne faut donc pas regarder l’effectif actuel comme celui qui débutera nécessairement la saison dans sa configuration définitive.
Entre le 8 août et le 1er septembre, Marseille pourrait encore enregistrer une succession très rapide de départs et d’arrivées.
C’est précisément ce qui rend le mercato particulièrement difficile à lire.
Et les recrues dans tout ça ?
C’est évidemment la grande interrogation.
Marseille devra renforcer plusieurs secteurs si autant de joueurs quittent le club. Mais, pour l’instant, aucun renfort n’a été officialisé.
La défense devrait nécessairement être concernée en cas de départs de Rulli, Medina ou Aguerd, tandis que le milieu de terrain reste également l’un des grands chantiers de l’effectif.
Le secteur offensif devra lui aussi être surveillé après le départ de Greenwood, qui représentait une part importante de la production offensive olympienne.
Le paradoxe est donc spectaculaire : l’OM cherche à alléger son effectif pour retrouver les moyens… de reconstruire son effectif.
À trois semaines de la fin du mercato, une part considérable du travail reste donc à effectuer.
Genesio, la meilleure recrue de l’été ?
Dans ce contexte particulièrement instable, Le Phocéen pointe toutefois une bonne nouvelle : Bruno Genesio.
Arrivé dans un environnement sportif et financier loin d’être idéal, le nouvel entraîneur semble pour l’instant réussir à préserver son groupe des turbulences extérieures.
Selon Le Phocéen, ses méthodes de travail, son staff, ses séances et ses principes de jeu sont particulièrement appréciés par les joueurs. Malgré les départs, les incertitudes et l’absence de recrues, le groupe continuerait ainsi de travailler dans une atmosphère positive.
Ce n’est pas un détail.
Car Genesio ne sait probablement pas encore lui-même avec quel effectif exact il disputera l’ensemble de la saison.
Certains joueurs qu’il entraîne aujourd’hui pourraient être vendus dans les prochaines semaines. D’autres, qu’il ne connaît pas encore, pourraient devenir des titulaires dès le mois de septembre.
Sa capacité à maintenir une cohérence sportive au milieu de cette période de transition pourrait donc devenir l’un des facteurs déterminants du début de saison olympien.
Trois semaines pour reconstruire l’OM
Le calendrier commence néanmoins à devenir pressant.
La première journée de Ligue 1 opposera l’OM à Strasbourg le week-end du 22 août, avant un déplacement à Monaco le 29 août. Le championnat aura donc déjà commencé lorsque Pablo Longoria et la nouvelle direction sportive effectueront leurs derniers arbitrages.
Et c’est probablement là tout le risque.
Plus les recrues arrivent tard, moins Bruno Genesio dispose de temps pour les intégrer, créer des automatismes et construire son équipe.
À l’inverse, Marseille n’a pas forcément intérêt à précipiter ses achats. Les dernières semaines du mois d’août offrent traditionnellement davantage d’opportunités : certains clubs doivent vendre, certains joueurs deviennent disponibles et les négociations peuvent brusquement s’accélérer.
L’OM joue donc une partie particulièrement délicate.
Vendre suffisamment pour assainir sa situation financière. Ne pas affaiblir excessivement son effectif. Puis recruter plusieurs joueurs capables d’être immédiatement compétitifs.
Tout cela avant le 1er septembre à 19h59.
À ce stade, le mercato de l’OM n’est donc ni réussi ni raté.
Il n’a tout simplement pas encore véritablement commencé.
Et c’est précisément ce qui rend les trois prochaines semaines aussi importantes.
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