Ouidino, le célèbre vendeur de barbes à papa du Vieux-Port, verbalisé faute d’autorisation
Dans une vidéo publiée sur Instagram, Oudino explique avoir été verbalisé pour avoir travaillé sans l’autorisation nécessaire.
Il est devenu, à sa manière, l’un des personnages du Vieux-Port de Marseille. Avec ses barbes à papatransformées en fleurs, animaux ou personnages, Ouidino s’est construit au fil des années une véritable petite célébrité locale.
Mais derrière les vidéos virales et les files de clients se cache une situation beaucoup plus précaire : le vendeur ne dispose pas d’autorisation officielle pour exercer son activité sur le Vieux-Port.
Dans une récente publication sur Instagram, Ouidino affirme ainsi avoir reçu une amende en raison de l’absence d’autorisation lui permettant de travailler à cet emplacement.
Une mésaventure qui relance une question devenue récurrente autour de celui qui est progressivement devenu une figure du centre-ville : comment permettre à Ouidino de poursuivre légalement une activité que de nombreux Marseillais considèrent désormais comme faisant partie du décor ?
Des barbes à papa devenues virales
Sur les réseaux sociaux, Ouidino est loin d’être un inconnu.
Son compte Instagram réunit désormais près de 70 000 abonnés. Il y indique travailler sur le Vieux-Port, généralement entre 19h30 et 1h30, autour de ses « barbes à papa artisanales et artistiques ».
Car sa particularité ne réside pas seulement dans le produit.
Ouidino travaille le sucre devant ses clients pour lui donner des formes spectaculaires. La confection devient elle-même un petit spectacle de rue, régulièrement filmé et partagé sur Instagram ou TikTok.
Son histoire a même dépassé les frontières marseillaises. Konbini lui a consacré un portraitdans lequel le média rappelle qu’il exerce cette activité depuis plus d’une décennieet qu’il a progressivement transformé la simple confection d’une barbe à papa en véritable art de rue.
Une histoire commencée avec son frère
Ouidino est originaire de Sidi Bel Abbès, en Algérie.
Avec son frère, il confectionne des barbes à papa depuis 2010. Au fil des années, les deux hommes ont développé leur propre technique et donné une dimension artistique à une confiserie pourtant extrêmement classique.
Ouidino a ensuite trouvé sur le Vieux-Port une scène idéale.
Les touristes s’arrêtent, les enfants observent la fabrication, les téléphones sortent et les vidéos circulent ensuite sur les réseaux sociaux.
À force d'être présent au même endroit, le vendeur est progressivement devenu identifiable par les Marseillais eux-mêmes.
Mais Ouidino travaille sans autorisation officielle
C'est là que le problème commence.
L'espace public ne peut normalement pas être occupé librement pour y exercer une activité commerciale. Un vendeur souhaitant installer son matériel sur la voie publique doit disposer des autorisations administratives nécessaires.
Or la situation irrégulière d'Ouidino n'est pas nouvelle.
Dans son portrait consacré au vendeur marseillais, Konbini indiquait déjà explicitement qu'il exerçait sans autorisation officielle de la mairie.
Jusqu'ici, cette particularité faisait presque partie de l'histoire du personnage.
Mais elle possède évidemment des conséquences très concrètes.
Dans son dernier post Instagram, Ouidino explique avoir été verbalisé parce qu'il ne dispose pas de l'autorisation nécessaire pour travailler.
L'épisode rappelle surtout la fragilité de son activité : malgré sa notoriété et ses années de présence sur le Vieux-Port, il peut être empêché de s'installer ou sanctionné.
Peut-on trouver une solution ?
C'est finalement la question que pose cette nouvelle amende.
Car le cas d'Ouidino est assez particulier.
Il ne s'agit plus simplement d'un vendeur ambulant installé occasionnellement sur le Vieux-Port. Après plus de dix ans d'activité et des dizaines de milliers d'abonnés sur les réseaux sociaux, il est devenu une petite attraction locale.
Son travail est identifié à Marseille, photographié par les touristes et apprécié par de nombreuses familles.
Cela ne lui donne évidemment pas un droit automatique à occuper l'espace public. Les règles d'occupation du domaine public existent notamment pour organiser les différents usages, garantir la circulation et éviter que chacun puisse installer librement une activité commerciale où il le souhaite.
Mais sa situation pose malgré tout une question : une régularisation est-elle possible ?
Attribution d'un emplacement, autorisation temporaire d'occupation du domaine public ou intégration dans certains événements organisés sur le Vieux-Port : différentes solutions pourraient théoriquement permettre de concilier le respect des règles et la poursuite de son activité, sous réserve évidemment des procédures applicables et de la décision des autorités compétentes.
Un petit personnage du Marseille populaire
L'histoire pourrait sembler anecdotique.
Elle raconte pourtant aussi quelque chose de Marseille.
Une partie du charme du Vieux-Port tient précisément à ces personnages que les habitants finissent par reconnaître : vendeurs, artistes de rue, musiciens ou commerçants qui occupent quotidiennement le même espace et participent progressivement à son identité.
Ouidino appartient désormais à cette catégorie.
Ses quelque 68 000 abonnés témoignent aussi d'un phénomène nouveau : un vendeur de rue peut aujourd'hui devenir une attraction touristique par la seule puissance des réseaux sociaux.
Reste maintenant à savoir si cette notoriété permettra de faire évoluer sa situation administrative.
Car derrière les barbes à papa en forme de fleurs et les vidéos qui amusent les réseaux sociaux demeure une réalité beaucoup moins légère : après plus d'une décennie à travailler dans les rues de Marseille, Ouidino ne dispose toujours pas de l'autorisation qui lui permettrait d'exercer sereinement son activité sur le Vieux-Port.
Et sa dernière amende vient brutalement de le lui rappeler.
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