Qui est Jean-François Barbieri, l’ancien policier des stups récemment interviewé par Ils font Marseille ?
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Qui est Jean-François Barbieri, l’ancien policier des stups récemment interviewé par Ils font Marseille ?

Ancien enquêteur de la police judiciaire, Jean-François Barbieri a consacré une grande partie de sa carrière à la lutte contre le trafic de stupéfiants à Marseille. Il est également devenu auteur.

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Pendant plus de trente ans, Jean-François Barbieri a observé le narcotrafic depuis l'autre côté de la barrière. Inspecteur puis commandant de police, enquêteur à la PJ, spécialiste du trafic international de stupéfiants, il a notamment participé à Marseille à l'une des enquêtes emblématiques de la fin de la French Connection.

Aujourd'hui retraité de la police et devenu écrivain, il continue de raconter cet univers et d'analyser ses transformations. Récemment invité par le média Ils font Marseille, Jean-François Barbieri possède surtout une particularité : avoir connu de l'intérieur plusieurs époques du trafic de drogue, depuis les grandes figures du banditisme marseillais jusqu'à l'émergence du narcotrafic contemporain issu des cités.

De la région parisienne à la PJ marseillaise

Jean-François Barbieri naît en 1958 et grandit en région parisienne dans une famille ouvrière. Rien ne le prédestine particulièrement à entrer dans la police : sa mère travaille dans une coopérative pharmaceutique et son père chez IBM. Lui raconte avoir eu très jeune l'envie de travailler au service de la justice.

Il entre finalement dans la police et se spécialise dans l'investigation.

Après plusieurs années en région parisienne, il obtient en 1987 une mutation à Marseille et rejoint la police judiciaire. Une ville qu'il avait découverte auparavant pendant ses vacances et dont il appréciait déjà le climat et le mode de vie.

Il y passera une partie essentielle de sa carrière.

Au total, Barbieri revendique 33 années dans l'investigation, consacrées à des affaires allant de la criminalité classique aux trafics internationaux de stupéfiants.

L'affaire Topaze, l'enquête de sa vie

Un dossier va particulièrement marquer sa carrière : l'affaire Topaze.

Nous sommes en 1996. À Marseille, Jean-François Barbieri travaille sur la piste d'Antoine Cossu, figure du grand banditisme local. Les investigations et les écoutes vont progressivement conduire les policiers vers un réseau beaucoup plus important que prévu.

Les enquêteurs se retrouvent face à d'anciens acteurs du grand banditisme marseillais liés à l'époque de la French Connection, alors engagés dans de nouvelles opérations internationales.

Le dossier concerne notamment un trafic de cannabis entre le Maroc et la France et un projet autour de la cocaïne reliant l'Amérique du Sud, l'Espagne et le sud de la France.

Cette enquête deviendra suffisamment emblématique pour être racontée des années plus tard dans la série documentaire **« L'enquête de ma vie », sous le titre Marseille Connection**. Un épisode entier de 50 minutes lui est consacré.

De Marseille jusqu'en Bolivie

La carrière de Barbieri ne se limite pourtant pas à Marseille. Son expertise dans le domaine des stupéfiants le conduit jusqu'en Amérique latine, au cœur même de l'une des principales régions productrices de coca au monde.

Entre 2009 et 2012, il est attaché de sécurité intérieure à l'ambassade de France à La Paz, en Bolivie. Il y observe directement les enjeux liés à la culture de la coca, à la production de cocaïne et à la lutte internationale contre le trafic de stupéfiants.

Cette expérience nourrira plus tard l'un de ses ouvrages, El Narco-Amauta, dans lequel il analyse la politique bolivienne en matière de coca et de narcotrafic sous Evo Morales.

Son parcours lui donne ainsi un point de vue assez rare : celui d'un policier ayant travaillé aussi bien sur le terrain marseillais que dans un pays situé à la source même de la production mondiale de cocaïne.

L'ancien policier devenu écrivain

Une fois à la retraite, Jean-François Barbieri ne coupe pas vraiment avec son ancienne vie. Installé dans les Hautes-Alpes, il commence à écrire.

Il raconte d'abord directement son expérience professionnelle dans Tigres et loups, des papys de la French Connection au narco-État des Andes. Filatures, écoutes, renseignements, interpellations, gardes à vue, missions à l'étranger : l'ancien policier y décrit les coulisses du travail d'enquête et revient sur plusieurs décennies de lutte contre les trafiquants.

Il se tourne ensuite vers la fiction policière, en puisant largement dans son expérience.

En avril 2026 est notamment paru Narco-Party, son cinquième roman. Le livre met en scène un policier de l'OFAST confronté au narcotrafic dans les cités marseillaises, sur fond de rivalités entre organisations criminelles.

Même retraité, Barbieri reste donc, comme il le reconnaissait lui-même dans une interview au Dauphiné Libéré, « toujours flic dans l'âme ».

Un témoin de la transformation du banditisme marseillais

Jean-François Barbieri a connu une époque où le grand banditisme marseillais reposait encore largement sur des figures identifiées, des équipes relativement structurées et des trafics internationaux organisés sur le temps long.

Il observe désormais une réalité différente : celle du narcotrafic contemporain, de ses points de deal, de la multiplication des petites mains et d'organisations capables de générer des revenus considérables.

Son parcours permet ainsi de mettre en perspective plusieurs générations de criminalité marseillaise.

Il a enquêté sur les héritiers de la French Connection dans les années 1990. Il a observé la production de cocaïne depuis la Bolivie. Et il voit aujourd'hui Marseille confrontée à de nouvelles organisations criminelles et à une violence liée au narcotrafic devenue l'un des principaux enjeux de sécurité de la ville.

C'est cette expérience que l'ancien commandant est récemment venu raconter au micro d'Ils font Marseille.

Plus qu'un simple ancien policier venu raconter quelques souvenirs de PJ, Jean-François Barbieri constitue ainsi un témoin privilégié de près de quarante années d'évolution du trafic de drogue.

Et à l'heure où les noms de la DZ Mafia, des réseaux marseillais et des narcotrafiquants installés à l'étranger occupent régulièrement l'actualité, son parcours permet surtout de rappeler une chose : si les organisations et les méthodes ont profondément changé, Marseille entretient depuis plusieurs générations une histoire particulièrement complexe avec les grandes routes internationales de la drogue.

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