Daniel Nieto : qui est l’ancien braqueur interrogé par Ils font Marseille ?
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Daniel Nieto : qui est l’ancien braqueur interrogé par Ils font Marseille ?

Daniel Nieto a marqué l’histoire criminelle des années 1970 par ses braquages, ses enlèvements et une cavale internationale qui s’est achevée à Gênes en avril 2010.

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Pendant plus d'une heure, Daniel Nieto s'est confié au micro d'Ils font Marseille, le média marseillais de référence consacré aux personnalités qui font la ville. Aux côtés de son ami de toujours Milou, l'ancien braqueur revient sur une existence hors norme : son enfance dans les quartiers nord de Marseille, ses premiers braquages, sa cavale en Italie, l'enlèvement de Giovanna Amati et les longues années passées derrière les barreaux.

Cette interview apporte un éclairage inéditsur un parcours que la presse française et italienne avait essentiellement raconté sous l'angle judiciaire. En la confrontant aux archives de l'époque, il est possible de retracer le destin de l'un des Français les plus recherchés d'Italie.

Une enfance marseillaise et les premiers braquages

Daniel Nieto grandit rue de Lyon, sur le boulevard Oddo, dans les quartiers nord de Marseille. Fils d'ouvrier, il raconte dans son entretien avoir longtemps observé son père distribuer les salaires des employés de son entreprise. Une scène le marque durablement : il était toujours le dernier à être payé par son père.

Selon lui, c'est à ce moment qu'il comprend qu'il ne veut pas passer sa vie à attendre une paie.

Pourtant, rien ne le destine alors au grand banditisme. Passionné de dessin, il intègre les Beaux-Arts de Marseille. C'est là qu'il rencontre ceux qui deviendront ses premiers complices. Les braquages s'enchaînent rapidement et lui valent une première arrestation… sur la rue de Lyon, là même où il a grandi.

Milou, une amitié vieille de plus d'un demi-siècle

L'autre figure centrale de cette période est Emile Diaz, dit « Milou », un ancien membre de la French Connection, qu'il connaît depuis maintenant plus de cinquante ans.

Les deux hommes racontent dans Ils font Marseille avoir toujours suivi des trajectoires différentes au sein du milieu marseillais. Milou évolue principalement dans les escroqueries, la fausse monnaie, le racket ou les trafics. Daniel Nieto, lui, préfère les braquages.

« Je voulais l'argent tout de suite », résume-t-il.

Ce choix l'expose à une violence bien plus importante, mais lui permet aussi de gravir rapidement les échelons du banditisme.

La cavale italienne

Après une première incarcération, Daniel Nieto obtient une permission de sortie. Plutôt que de réintégrer la prison, il prend la fuite. Dans l'interview, il raconte que Milou lui fournit alors tout ce dont il a besoin pour disparaître : faux papiers, arme, adresses et contacts.

Direction l'Italie. Il s'installe d'abord à Turin avec plusieurs complices français. Daniel Nieto affirme y participer à un rythme impressionnant de braquages, parfois jusqu'à trois par semaine. Il explique avoir appris l'italien simplement en fréquentant les salles de cinéma et décrit son rôle lors des attaques : neutraliser les gardes de sécurité afin de permettre au reste de l'équipe d'agir rapidement.

Cette période correspond à l'apogée du « clan des Marseillais », nom donné par la presse italienne à plusieurs équipes de malfaiteurs français, corses et italiens qui multiplient braquages, enlèvements et trafics dans l'Italie des années de plomb. Daniel Nieto évolue alors aux côtés de figures du grand banditisme comme Renato Vallanzasca.

Quand les braquages ne suffisent plus

À la fin des années 1970, les braquages deviennent de plus en plus risqués. Les banques se sécurisent et la pression policière augmente.

Selon Daniel Nieto, les équipes criminelles cherchent alors des activités plus lucratives. Les enlèvements contre rançon apparaissent comme une alternative.

Ancien professionnel du bâtiment, il explique avoir été chargé de concevoir les caches destinées à retenir les otages. Son expérience dans la construction lui permet d'aménager des pièces isolées où les victimes peuvent être séquestrées durant les négociations.

L'affaire Giovanna Amati

Le 12 février 1978, le groupe enlève Giovanna Amati, fille d'un important exploitant de salles de cinéma romain. Cette affaire devient rapidement l'un des kidnappings les plus médiatisés de l'Italie de l'époque.

Sur certains points, le récit de Daniel Nieto diffère des archives judiciaires. Dans son entretien, il affirme que la captivité dure 75 jours, alors que plusieurs articles publiés à l'époque évoquent une durée plus courte. Les sources s'accordent néanmoins sur le fait que la famille finit par verser une rançon de plusieurs centaines de millions de lires pour obtenir la libération de la jeune femme.

Daniel Nieto revient également sur un épisode qui a largement alimenté la presse italienne : la relation qui aurait pu naître entre lui et son otage.

Il rejette l'idée d'une histoire d'amour.

« Comment veux-tu tomber amoureux d'une fille que tu tiens pieds et poings liés ? », déclare-t-il dans Ils font Marseille.

Il reconnaît toutefois qu'un lien humain finit par se créer au fil des semaines. Il raconte notamment lui faire son shampoing, passer de longues journées auprès d'elle ou encore partager un repas de Pâques autour d'une bouteille de champagne et de chocolat.

Les journaux italiens ont largement relayé cette relation supposée, au point d'en faire l'un des aspects les plus commentés de l'affaire. Certains ont même présenté ce rapprochement comme une forme de syndrome de Stockholm, une interprétation qui continue aujourd'hui de faire débat.

Douze années de prison… puis une nouvelle cavale

Condamné à 18 ans de réclusion pour l'enlèvement de Giovanna Amati et plusieurs autres faits criminels, Daniel Nieto est détenu dans différentes prisons italiennes, notamment à Rebibbia puis à l'Asinara, établissement de haute sécurité réservé aux détenus les plus dangereux.

Après plusieurs années, il profite d'une permission pour s'évader et disparaît pendant plus de vingt ans.

Cette cavale prend fin en avril 2010 à Gênes. Lors d'un contrôle dans un train reliant Milan à Vintimille, un policier remarque un petit gecko tatoué sur son cou. Ce détail attire son attention et conduit finalement à son identification. Daniel Nieto est alors arrêté après plus de vingt-deux années de fuite.

Le témoignage d'un ancien braqueur

Depuis sa libération, Daniel Nieto s'exprime rarement.

Son entretien accordé à Ils font Marseille présente un intérêt particulier parce qu'il ne se limite pas aux faits judiciaires. Il revient sur son enfance marseillaise, sa relation avec Milou, son rapport à l'argent, le fonctionnement des équipes de braqueurs et les raisons qui l'ont conduit vers les enlèvements.

Au-delà du parcours de Daniel Nieto, l'interview réalisée par Ils font Marseille s'inscrit dans un travail plus large de collecte de la mémoire marseillaise. Le média a en effet consacré plusieurs entretiens à des témoins et acteurs de cette époque, notamment une interview exclusive de Milou, figure historique de la French Connection. Visionnés ensemble, ces témoignages permettent de croiser les regards et d'offrir une compréhension plus complète du grand banditisme marseillais des années 1960 à 1980, de ses codes, de son fonctionnement et de son évolution.

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